Les jeux d'histoire

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Les joueurs attirés par l'histoire sont nombreux au club, et chacun a sa période préférée. Les jeux que nous pratiquons nous permettent de revivre les grandes batailles de l'antiquité, tout comme les charges de cuirassiers du 1er Empire ou des reconnaissances en terrain ennemi en jeep et shermann!





Le jeu d'histoire : de quoi s'agit-il?

   Faire la guerre avec des petits soldats ? ... Formation militaire, utopie ou jeu de société ? Depuis que les hommes se combattent, ils ont cherché à mettre toutes les chances de leur côté en s’y préparant et en construisant des plans de bataille. Evaluer, modéliser, projeter dans le futur, c’est ce qu’est tenu de faire tout bon officier. On trouve des figurines de guerriers dans les tombes des pharaons (déjà), et cette tradition de représentation va perdurer au cours des siècles. Parallèlement, vont exister des jeux de stratégie stylisés: le Wei Qui chinois (ancêtre du jeu de Go japonais) ou jeu de l’encerclement est par exemple censé incarner l’art de la guerre.
   Les Romains eux, pratiquent le jeu des latrunculi qui ressort d’une symbolique guerrière (les pions s’appellent les milites...), mais il ne s’agit que de métaphore. Les échecs eux-mêmes apparus un peu plus tard combinent la présence de figurines et d’un jeu de simulation stratégique, mais on ne sort pas vraiment de cette logique, car l’ensemble reste stylisé à l’extrême. Au XVII° siècle, se développent en Europe des jeux de simulation militaire, mais qui restent à la seule destination des jeunes princes ;  leurs  fonctions futures vont les amener à guerroyer, autant qu’ils s’y accoutument. Louis XIV en vient ainsi à simuler ses batailles avec des soldats de bois. Le siècle suivant, c’est en Prusse évidemment que naît le Kriegspiel (littéralement « jeu de guerre »). Ce jeu des jeunes princes qui était encore une forme d’amusement va devenir un véritable outil de formation professionnelle. Tout y est : opposition des bleus et des rouges, la présence d’un arbitre meneur de jeu, l’utilisation de figurines miniatures, et tout ça est réglementé.
   Le kriegspiel est très répandu de l’autre coté du Rhin alors que la France semble le bouder un peu (on vient toutefois de retrouver un livret de règles datant du premier Empire). Doit-on pour autant expliquer la supériorité de l’état major allemand à cette pratique régulière ? Toujours est-il que la victoire des armées prussiennes durant la seconde moitié du XIX° siècle et le début de la guerre de 1914-18 lui est attribuée. Grâce à lui la notion de simulation de la guerre  sur des tables de jeu commence à être prise au sérieux... dans les milieux bien informés. C’est au début du XX° siècle que paradoxalement, cet outil pour militaires va connaître une tentative de mise au service du pacifisme. L’écrivain H G Wells (l’auteur de « La Guerre des Mondes ») va nourrir un projet utopique : puisque les dirigeants de ce monde ne peuvent, ni ne veulent éviter les conflits, il faut trouver un moyen de les résoudre sans faire de vrais morts, donc sur une table de jeu ! Il publie en 1913 une petite règle de jeu à leur intention baptisée «  Little Wars »). Un an plus tard, cette utopie est balayée... Le jeu de guerre avec figurines connaît un nouveau souffle sous une forme plus ludique  au début des années 1960. Dès 1953, un jeu sur carte est lancé aux Etats Unis ; il s’appelle « Tactics ».
   En grande Bretagne se maintient jusqu’au début des années 1980 une tradition de jeu de simulation avec figurines. A partir des années 1980, l’apparition de règles « sérieuses » va donner un vrai développement au Jeu d’histoire. En même temps des fabricants pionniers proposent de nouvelles gammes de figurines qui vont finir par couvrir toutes les périodes historiques (des néo-assyriens aux Coloniaux de la reine Victoria ) pour répondre à une demande qui est de plus en plus diversifiée. On pense qu’il y a environ 100 000 adeptes du jeu d’Histoire au Royaume uni.
   La France est à la traîne et le jeu d’histoire reste pendant une décennie une activité exotique pratiquée par une minorité « éclairée » dans des conditions confidentielles. Ce n’est qu’au milieu des années 90 que le jeu connaît un réel développement sanctionné par la parution en kiosque d’un bimensuel spécialisé sur le sujet, la revue Vae Victis, par la multiplication des clubs et le redémarrage d’une Fédération. Mais on est désormais loin du « kriegspiel ». Autant celui-ci se voulait ancré dans une époque, autant le Jeu d’Histoire prétend à la compréhension des batailles du passé. Les différents systèmes inventés ont tous les mêmes caractéristiques : représentation à l’échelle du terrain et des portées de tir, capacité de déplacement des unités adaptées aux caractéristiques de celles-ci et à l’échelle du temps, tests de moral, calcul des pertes au tir et en mêlée, introduction d’un facteur plus ou moins aléatoire par le biais d’un jet de dé
   Les pratiquants du Jeu d’Histoire sont ainsi amenés à développer et dans des proportions variables en fonction de leurs goûts trois approches différentes : la réalisation pratique des figurines (peinture) et du terrain ce qui les rapproche du modélisme, la recherche historique et l’aspect jeu de réflexion. Outre les reconstitutions, les joueurs s’adonnent en effet à des tournois où, comme aux échecs, la capacité d’anticipation est importante.

remarque : l'origine de ce texte n'a pas été retrouvée


Bertrand



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